L’automne est là avec ses livresL’arbre agité craint le givre.Ses cheveux tombent un à unEt sur la peau des alentours,Se blottissent lilas et jasminDans des sillons laissés par les labours.Seul, au milieu du sentier,Je viens de déposer la folie du guerrier.Je m’arrête au carrefour des ventsEt je me retourne un instant.Jeu de lumière et d’ombreReflets d’un soir de vieL’hiver dans la tête, les jours sombresEt le printemps dans le ventre de mes nuits.Mémoire peuplée d’un plurielDevenu nécessité existentielleMais qu’ai-je appris ?Dehors c’est si simple d’aimerLes saisons, le feu et l’eauLes rues, les ponts et les battements de cœurLe silence, la mer et les oiseauxLes nuages, le courage et la peurLa lâcheté des hommesLa beauté des femmesLe rire des enfantsEt la mort en arrière-plan.Je suis plein de regards aimantsD’absents vivantsDe sourires gratuitsDe rendez-vous concomitantsDe miel, de fleurs et de fruitsEt pour ce tout, mon cœur vous dit merci.Mais demeure présenteDerrière la clarté de mes prunellesUne solitude lucide.Un videTranslucide le jourÉmouvant la nuit.Je ferme les yeuxEt je regarde en dedansLa fusion des couleursLe bleu des nageoires du rêveLe vert des narines des faits diversLe rouge des écailles indignées du désespoirEt le mauve des branchies ouvertes de l’espoir.Cette belle lueur blancheC’est mon ultime radeauPaisible comme une bouteille à la merHeureux comme un soleil dans l’eauSans rame, sans voile et sans capitaineSans racine, sans but et sans souveraine.Un simple vaisseauÀ la merci des flotsAu loin, derrière les fenêtres de la merChante une voix unique et familièreIl fait beau comme jamais.Cbolavie
Courant sur l’herbe folleD’un vent veiné de joieChronos vient et s’envoleSans conjuguer nos pas.Un jour il faudra bienSous un soleil d’azurQue nous nouions les liensTissés par nos murmures.Vois-tu Phébus venirSur ses chevaux de brumePortant haut un désirInsufflé par nos plumes ?Je le vois fréquenterLes croupiers de l’espoirPour que mise l’étéSur le rouge et le noir.Moissonnant les étoiles,Ce dieu plein de hardiesseParsème sur nos voilesDes embruns de tendresse.Quand vient la fenaisonIl érige un fenilPour nos cœurs hors saisonEt leurs chevaux fébriles.Et sous la lune bleuePortée par des luciolesPhébus nous offre un lieuPeuplé de barcarolles.Un jour il faudra bienSous le feu des corollesQue tes pas et les miensFoulent le même sol.Cbolavie
Évidence bleue et loyaleJ’ai scruté tant et tant d’étoilesMais mes yeux ne sont pas usés.Un bout de ciel sur une toileEt me voilà prêt à rêver.Si le doute est mon êtreIl reste en moi une clarté close.Je la verrai une nuit peut-êtreSous le soleil de la métamorphose.Ni vide sidéral,Ni commune présenceC’est un feu qui jaillira d’un rêve d’or.Bleue et loyaleComme l’eau de l’existenceElle fleurira dans les murmures de l’aurore.OffrandeD’eau et de feuElle tracera l’ultime chemin.Confiant,Ébloui, je baisserai les yeuxPour lire l’âme de ses mains.
Cbolavie
Encore un peu et je retrouverai le plaisir d’être un peu plus présent dans ces lieux…D’ici là, je vous embrasse.
DésirJ’ai connu des yeux humidesOù nichait une araignéeEt le sillage ordurierDe leurs effluves violets.J’ai senti son corps où toutEst affaire de décorOmbre triste, laide et sombreAux doigts désarticulés.J’ai vu ses couteaux grimésD’effusions souvent facticesEt son fil rouge morbideTiré par des chiens presbytes.Mais vint le temps de la vieCar la vie en vaut la peineEt la lumière jaillitÀ travers l’envie persienne.Éclaboussa le désirLes quais de ma solitudeEt s’éveilla la mie lyreSous l’œil de l’incertitude.Un désir d’eau transparenteAu bord d’un destin ouvertQui fait pousser des lys rosesSur ses lèvres étrangères.Un désir d’une déraisonBordée de baisers mouillésOù frétillent ses frissonsEn remontant l’escalier.Un désir d’une Mer d’orTout au bout d’un fleuve fouEt son sillage sonoreTout au fond de ses yeux doux.
Cbolavie
Des mots de mon grand pote Léo (chanson inédite)
AnniversairePareil à toiLilas mon frèreMes mots sont encore lasSur tes fleurs tombées à terreQue personne ne ramassaMai c’était son anniversaireMais elle n’est plus là, je crois.Pareil à toiLilas mon frèreCe mois est encore làSe souvenant de la terreQui un été l’enveloppa.C’était un jour de misèreEt même au-delà.
Cbolavie
Surtout parce que c’est Jamait et puis quoiqu’on en dise jamais existe tout de même.