À venir…

Nu, seul dans ma forêt

J’y suis, sans repères, sans regret

Parmi les feuilles du silence

Souriant et ouvert à l’inconnu

Sous les feux de la transparence.

.

Pierre sous le soleil, je respire

En attendant l’évidence

Sans raison, sans action, sans délire

Juste une seule et unique certitude

Le plus beau est à venir.

Cbolavie

 

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Avec si peu de poésie

 

Je sors d’une très très longue nuit de mots carrés….Et je suis en manque de mots ronds…sourires. Joyeux novembre.

Avec si peu de poésie

 

Avec si peu de poésie

Mes mots ronds pleuvent dans ta rue

Rimant un instant de ma vie

Avec tes pieds qui m’ont tant plu.

 

De flaques de mots en émois

Meurt en moi l’âme des syllabes

Je redeviens le maladroit

Confondant français et arabe.

 

Je pourrais t’inventer des mots

Qui n’ont jamais connu la pluie

Un verbe fertile sans eau

Qui marie mes yeux à ta nuit.

 

Que m’importe tous ces blablas

Pauvres mots, si tristes, si blêmes

Peux-tu simplement être là

Et me murmurer que tu m’aimes

 

Cbolavie

 

J’adore ce son….Il me trouble…

un an de plus…

Voici un diptyque terminé quelque part hier soir entre Beijing et Montréal…Je vous souhaite un bel automne.

I

Un an de plus dans le même corps

Exactement le même sans le moindre retrait

Ils me l’ont garanti en dedans et en dehors

Et revient de nouveau l’envie d’aimer

L’envie d’être bien en vie

Tel un sourire rayonnant retrouvant l’Est

Pour peindre en bleu la nuit

Puis tout le reste.

 

Un an de plus pour perdre tout mon temps

Le temps d’écarter l’urgence

S’arrêter pour écouter le vent

Et nourrir tous les sens.

Apprendre à apaiser l’enfant turbulent

Qui chancelle dans la cour des grands

Et en bon météque, vivre éperdument

Tel un arabe errant.

 

Un an de plus pour quitter les routes à péage

Sentir l’inutile couler entre mes doigts

Pendant que mes émois galopent sur une plage

Montées par les mots d’un albatros maladroit.

Trouver une terre pour mon arbre

Qu’une tornade maternelle a déraciné

Palpiter avant qu’il soit enseveli sous un marbre

Ou par des sirènes chagrines incinéré.

 

Un an de plus pour bruler tout doucement

En m’accrochant aux branches du ciel

Suivre l’étoile jusqu’au bout de l’errance

En tentant d’apprivoiser l’essentiel.

Me pardonner sans tenter de comprendre

Les guerres que déclare parfois l’amour

Tout donner sans jamais rien prendre

Puisqu’il faut partir un jour.

 

Un an de plus pour cueillir au bout de mon âge

La quiétude des traversées sans écueils

Regarder danser les nuages

Sous les confettis brillants du soleil.

Entendre la musique des premières feuilles

Que jouent des lettres sur les branches d’un hêtre

Et embrasser après un long sommeil

Le désir profond de renaître.

 

Un an de plus pour partager le berceau

De l’enfant jadis heureux ou triste

Et tel un vieux clown avant que tombe le rideau

Oser un dernier tour de piste.

Avoir peur mais sans avoir l’air

En empruntant la raison du cœur

Découvrir la bonté de la mer

Dans les yeux d’une âme sœur.

 

Un an de plus puisque le meilleur est à venir

Pour le bohème assuré et confus

Qui s’avance vers un devenir

Où est si réconfortant l’inconnu.

N’être qu’une fenêtre pour les miens

Quand leur horizon se couvre d’épines

Et planter enfin mes racines

Dans l’enclos d’une muse marine.

 

Un an de plus pour voir pousser des rêves fragiles

Dans un jardin arrosé de compassion

Vendanger leurs instants fertiles

Et composer mon dernier jus de passions.

Chercher le bonheur sous la pluie

Me prendre pour le Medjnoun de Leila

En étreignant la douce folie

Qui unit jasmin et lilas…

 

 

II

…Tu seras là, demain peut-être ou juste après

Je t’ai attendue avant même que je te reconnaisse

Sève d’un automne aux éclats chamarrés

Tu coules dans les veines de toutes mes prières.

Je te respire, je te cherche, je reviens vers toi

En suivant tes pointillés diserts et bigarrés

Au-delà de tous les mots ronds

Dits au hasard de mes lignes douces amères.

 

Pleure ce soir le cœur d’un adagio nocturne

Il me révèle que tout mon être est lié à toi

Comme un vieux chien sans maitre

Comme une grande peine sans collier.

Je sens qu’il va falloir

Franchir la muraille des faux pas

Mouiller les lèvres de l’espoir

Qu’assèche souvent le feu des pourquoi.

 

Je veux tant te comprendre

Être ton évidence

Et me laisser prendre

Entre les rives de ta présence.

Ondine, tu es la fille de mes songes

Qu’illuminent les reflets de ton visage

Et dans l’écume de ton regard

Je retrouve l’essence du voyage.

 

Je ne sais ni comment, ni quand

J’ai commencé à habiter notre destin

En te choisissant, j’ai retrouvé l’enfant 

Qui vivait en moi habillé d’amour et de chagrin

Entre un mur de béton et un poteau d’Oran.

J’ai reconnu sur ton front le saumon remontant

Les eaux saumâtres de nos soupirs

Et le mektoub du virevoltant.

 

Silencieuse, tu me vois en réalité

Dans les partitions d’un lointain avenir

Entrelaçant au présent amour et amitié

Dans un chant serti de frêles souvenirs.

Déesse léonine venue de nulle part

Saches que tu manques à ma tendresse

Je veux voir tomber tes remparts

Pour laisser entrer mes caresses.

 

Quel univers triste et heureux à la fois

Alliant clarté et mystère

Je t’espère à chaque coin de rue

Mais ton baiser n’est jamais là

Pourtant je t’aime si fort

Comment peut-on imaginer

Que nous sommes encore deux corps

Qui ne se sont jamais rimés.

 

Tout ce qui te trouble m’émeut

J’avoue que j’ai le mal de toi

Je veux voir naître tes frissons

Au bout de mes dix doigts.

Ma maison blanche, écho de ta voix

Se construit peu à peu

Là où se marie l’abandon absolu

À la confiance nue.

 

J’attends depuis tant de doutes

D’être complété par un amour gratuit

Et voir disparaitre la goutte de vide

Qui coule en moi depuis El Hamri.

Je te veux pour prolonger la vie

Au-delà de nos deux existences

Et laisser en héritage la poésie

D’un vieux couple riche de silences.

 

Je te veux depuis tant de saisons

Les bras ouverts à ta solitude

Le futur mouillé de déraison

Mon épaule assoiffée de tes murmures.

Et moi rêveur invétéré

Je te cherche chaque soir le cœur serré

Et moi infime être

Je te respire pour pouvoir enfin renaître.

 

Cbolavie

 

 

 

Cancun by night

 

 

Océan mexicain croquant le corps d’une mandarine

Vagues irisées palabrant au pied de ma mémoire

Tu te couches à l’ombre de mes pensées marines

Habillée d’une robe verte sertie d’olives noires.

Entre les écumes du soir, je te suis sans te voir

Ton nom porte le cœur de mon avenir intime

Battant  au rythme d’un rêve sans espoir

Mais désirant tant ton sourire à l’heure ultime.

Ton être est toujours là sans jamais y être

Je te réinvente dans mes horizons d’images

Tel un chat qui tourne les pages de sa fenêtre

Tel un amour que la raison a mis en cage.

T’aimer c’est apprendre à taire l’émoi

Qui s’éteint doucement dans la nuit du destin

C’est retenir au bout de mes dix doigts

Les vers bleus que sème le chagrin.

Sous une lune mouillée de Margaritas

Mon âme est sourde à tous les problèmes

Parle moi de vie, de jasmin et de lilas

Dis-moi simplement que tu m’aimes.

Cbolavie

Pareille à une fenêtre

Dans l’alcôve de tous mes songes

Je te retrouve chaque nuit

Belle, lumineuse et étrange

Présence douce et infinie

 

Haute comme la confiance

Je te regarde avec mes mains

Derrière l’écran de l’absence

En maudissant les matins.

 

L’attente suspend mes lettres

Sur le rebord de tes silences.

Pareille à une fenêtre

Tu me remplis d’un rêve intense

 

Me jeter par ton peut-être

Pour tomber dans l’espérance

Mourir et enfin renaitre

À l’ombre de ton être.

Cbolavie